J’ai lu, j’ai vu, j’ai entendu, j’ai joué #20

Voici ma revue de lecture/visionnage/écoute/jeu des 15 derniers jours. On garde le format habituel, avec le coup de cœur en tête de liste.

N’hésitez pas à commenter mes retours, à me proposer des choses proches ou qui pourraient m’intéresser dans les commentaires !

Dévoreur, de Stefan Platteau

Découvert en déambulant dans les rayons de la médiathèque, ce Dévoreur a su m’intriguer par son format, court et ramassé. Une couverture magnifique, avec un étrange trou en son centre. Un papier légèrement parcheminé, on a ici un très bel ouvrage.

Et quand on plonge dans l’histoire, on est happé. L’histoire reste simple. Celle d’un Ogre, un homme transformé par l’influence néfaste d’un astre, qui va instaurer sa terreur dans les montagnes qu’il habite. Et celle d’un couple, qui va lui faire face. Rapidement, on plonge dans cet univers à la magie particulière, basée sur les astres justement. On va découvrir cette histoire à travers les yeux de trois personnages. Trois actes forts, en émotion et en lyrisme. Car si l’histoire est simple, le style se veut lui lyrique, recherché. C’est plaisant à lire, à découvrir.

L’univers est un univers fantastique haut en couleurs. J’ai eu l’impression, tout au long de cette courte lecture, d’être emporté par les mots. Je voyais cette aventure sous la forme de Tons et de Motifs, comme dans une aventure de Swords Without Master (déformation semi-professionnelle ?). C’était étrange, mais plaisant. Et cela m’a donné envie d’en savoir plus sur ce Sentier des Astres, la série se passant dans cet univers. Disponible à la médiathèque, et dont je vous reparlerai sans doute très bientôt.

We own this City

Nouvel série événement de David Simon (The Wire, Generation Kill, Treme…), We own this City est une série en 6 épisodes se déroulant à nouveau à Baltimore. Basée sur un livre-reportage, on va y découvrir un scandale policier autour d’une unité « d’élite » corrompue. Et tout cela est basé sur des faits réels.

On est dans le réel, et cela fait froid dans le dos. L’impunité, les maltraitances, le racisme, la violence, les magouilles sont mises sur le devant de la scène. Et on découvre petit à petit comment tout ça s’est mis en place. Pas forcément de manière réfléchie, planifiée. Mais par petites touches. Parce qu’ils le pouvaient. Parce qu’ils s’en sentaient légitimes.

La réalisation de la série est sobre, efficace. La narration est éclatée sur plusieurs lignes temporelles, entre les faits relatés et l’enquête fédérale. C’est un peu perturbant au début, mais on comprend vite le dispositif. Le casting est aux petits oignons, avec des acteurs habitués des séries de David Simon, et quelques nouvelles têtes que l’on a déjà croisé quelque part. Jon Bernthal crève l’écran dans le rôle central, habitant complètement Wayne Jenkins.

Une série coup de poing, condensée, éclairante.

Top Gun : Maverick

Quand j’ai découvert le trailer de Top Gun : Maverick il y a quelques mois, la première note avait réussi à me ramener loin en arrière. Mais bon, je n’y croyais pas trop. Et puis, les excellents retours ont fini par me convaincre de tenter l’aventure.

Et bien, je vais me mêler à ces retours. J’ai passé un excellent moment en salle. Le film est ce qu’il est : Top Gun. Camaraderie, dogfight, manœuvres dangereuses, beaux gosses sur la plage, insubordination, mission dangereuse pour sauver le monde. Le contrat est rempli. D’autant plus que les scènes d’action sont plutôt bien réalisées et restent très lisibles.

Chose surprenante, le film est assez intemporel. Rien ne le place à notre époque. Pas de smartphone, pas de réseaux sociaux. Tout juste y a-t-il le gap évident de l’âge de Maverick, et une légère mention de drones, mais pas plus. Même l’ennemi à abattre n’est pas mentionné. Bien joué ! Cela donnera sans doute un film qui saura vieillir.

La Palette racontée par son inventeur, par Philippe Doucet

On va rester un peu sur la nostalgie avec ce livre sur la vidéo dans le foot, qui mêle autobiographie et analyse par l’inventeur de la Palette. Je me rappelle mes premières soirées Ligue des Champions, sur Canal+, avec cette fameuse palette, analysant et décryptant des séquences de jeu. Et ça m’a fait plaisir de découvrir ses origines, son chemin.

Le livre est un témoignage d’une autre époque, du Canal+ « d’avant », d’un journalisme très différent. Et puis de comment des innovations peuvent débarquer comme ça. Et puis il bascule en analyse de l’état actuel du monde du foot, par le prisme de la vidéo. Comment de nouveaux profils sont arrivés dans les organigrammes des clubs, comment la VAR a débarqué, ce que la vidéo peut apporter ou enlever.

Un livre intéressant si on s’intéresse au football, au sport, aux médias.

Wynd, tomes 1 et 2, par James Tynion IV et Michael Dialynas

Découvert par hasard sur une table de la médiathèque, je me suis décidé de plonger sur ce comics orienté jeunesse par le nom de son auteur.

Dans Wynd, on va débarquer dans un univers où la magie est proscrite. Les humains vivent dans une cité refermée sur elle-même, où la nature n’a pas ses droits. Mais Wynd n’est pas comme les autres : il a les oreilles pointues. Et c’est signe de magie ! Il les cache, mais jusqu’à quand ? Des événements vont venir bousculer son quotidien, et il va se retrouver embarqué dans une aventure qui le dépasse, lui et ses nouveaux amis.

Le pitch est classique. Un élu, une quête, des méchants poursuivants, de jeunes héros qui vont changer le monde. Mais au final, c’est aussi ce que je cherchais en démarrant cet ouvrage. Et je ne suis pas déçu de ce voyage (qui doit encore se poursuivre, la série n’étant pas encore terminée). Pour commencer, l’univers est assez chouette, avec sa nature « corruptrice » mais qui n’est pas si dangereuse que ça. Il y a des luttes de pouvoir, des incompréhensions entre les peuples. Les différences et l’acceptation de soi et des autres sont au cœur de l’histoire. James Tynion IV se revendique Queer et n’hésite pas à mettre en scène des personnages variés. C’est rafraîchissant et parfois surprenant.

Le casting des jeunes héros est d’ailleurs très bien fait. Il y a des tropes à respecter, mais ils sont parfois contournés avec bonheur, et on voit, sur ces deux tomes, les caractères évoluer. Une belle découverte.

Batman Infinite #1, par James Tynion IV et Jorge Jimenez

Craquage au rayon comics. Attiré par l’auteur, par le démarrage au #1 et par ma vision récente de The Batman au cinéma, je craque sur ce tome issu de la continuité de Batman, que je ne suis plus vraiment.

Pour commencer, ça change. Gotham ressemble ici presque à une ville cyberpunk. C’est éclairé, technologique. Mais ça reste dangereux, crasseux par endroit. Au niveau du scénario, on se place dans la continuité avec des événements et nouveaux personnages à intégrer (ou déjà fait). C’est parfois perturbant, mais ça se fait. Par contre, l’intrigue déployée sur ce tome est étrange. Il y est question de manipulation des médias et de l’esprit. L’épouvantail semble au coeur de tout ça, mais j’ai l’impression que beaucoup trop de choses sont amenées et peu sont conclues. C’est le risque d’une série au long cours.

Pas désagréable, mais ça me rappelle pourquoi je préfère les séries courtes et les récits contenus.

Safrane Chu, tome 2, par John Layman et Dan Boultwood

En parlant de récit contenu ! J’ai une grande affection pour la série Chew. Et j’ai donc découvert sa série sœur, Safrane Chu. Ce que j’appréciais dans Chew, et qu’on retrouve dans Chu, c’est le fait que chaque tome est une histoire à peu près indépendante, qui peut se lire comme un seul bloc. Et que les fils rouges commencent ensuite petit à petit à se regrouper.

Dans ce tome 2 de Safrane Chu, on a donc un récit indépendant. Qui s’éloigne de la série originale. Adieu l’intrigue croisée avec Tony. Adieu l’arrivée de la grippe aviaire. On dirait presque un autre monde.

Safrane est une criminelle, et c’est l’histoire d’un casse que nous propose ce tome. Avec toujours ces pouvoirs liés à la nourriture, bien sûr. De nouveaux personnages récurrents font leur apparition, les pouvoirs sont à nouveaux originaux (le voyage temporel par le vin !) et le dessin caricatural sied à merveille à cette histoire.

Est-ce qu’un grand plan est prévu, comme dans Chew ? Je ne sais pas, mais pour l’instant, les aventures de Safrane sont bien plaisantes.

Ant Man et la Guêpe

J’avais passé un excellent moment devant Ant-Man, mais n’avait jamais eu l’occasion de voir sa suite. Dont je ne savais même plus la place dans la continuité du MCU (ce qui gêne un peu pour remettre en place certains éléments du film). Comme j’essaie de revoir les films les plus légers du Marvel-verse avec Alicia, je me suis dit que ça pourrait coller.

Bonne pioche, elle a bien accroché aux personnages. Même si toutes les séquences autour du Quantum, du subatomique et autres lui sont passés un peu dessus, elle a vite compris le principe : Ant-man change de taille. Le film est drôle, c’est une comédie d’action bien enlevée, avec des trouvailles assez malignes (l’immeuble-valise, les hot wheels, les fourmis …). Les sidekicks valent le détour, et l’opposition est intéressante.

Une bonne pioche, et vivement Quantumania !

Rock & Stone

Pour des raisons d’inspiration, je fouille parfois dans les bacs BD de la médiathèque. Là, cette BD en deux tomes avec un enfant et son robot m’intriguait.

Rock & Stone se passe sur une planète colonisée, où vit seul Stan (Stone), un enfant. Les machines se sont rebellés, et Stan va tomber sur un robot non contaminé. Et ensemble, ils vont sauver le monde.

Bon, une lecture rapide qui ne laissera pas beaucoup de traces. L’histoire ne m’a pas transporté, et accumule bon nombre de clichés. Une BD d’exploitation comme tant d’autres, qui a le bénéfice cependant de ne pas traîner en longueurs.

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