Lectures de Rôle #27

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Je lis pleins de JDR. Beaucoup de petits trucs indés dénichés sur itch.io ou ailleurs. Alors, parce qu’il n’y a pas que Donjons & Dragons ou L’Appel de Cthulhu dans la vie, voici une petite sélection de mes dernières lectures ! N’hésitez pas à commenter pour en savoir plus, pour donner votre avis sur ces jeux ou pour me parler de vos dernières découvertes.

RUNE (Playtest Edition) par Gila RPG

Rune fait partie de ces nombreux jeux qui commencent à émerger sur la scène indépendante pour coller au genre « Souls-like », inspiré des jeux vidéos Dark Souls. J’ai déjà chroniqué par le passé Dice Souls, et donc voici Rune. Qui décide de focaliser son attention sur autre chose, à savoir le combat tactique.

Spencer Campbell s’est déjà illustré avec Nova (et toute la galaxie Lumen qui en a suivi), et nous propose ici une nouvelle vision de JDR tactique. Qui plus est dans un cadre de JDR Solo, seul face au jeu. Dans Rune, on va jouer un personnage perdu dans un univers fantastique et mortel, où les combats contre les habitants vont se résoudre sur un plan quadrillé. Notre avatar face aux adversaires. La particularité, c’est que le système reprend certains codes des jeux dont il s’inspire, avec brio.

Un tour commence toujours par l’adversité. Un dé (généralement) par adversaire, qui va donner son comportement : Se déplacer, Infliger des dommages, Se protéger. On ne réalise alors que son déplacement. On dispose ensuite d’un pool de dé représentant notre vigueur. On les lance, et on les affecte à notre équipement, ce qui nous donne des options (Se déplacer, Infliger des dommages, Se protéger). On réalise ensuite uniquement notre déplacement. Enfin, on inflige les dommages de tout le monde (selon la portée de nos coups, et minus les protections). Comme dans un jeu vidéo, on voit le pattern d’attaque de l’ennemi. A nous ensuite de nous adapter pour optimiser notre tour. S’éclipser ? Attaquer ? Mettre le paquet malgré le danger ?

La tactique, elle se joue-là : dans les choix éclairés que l’on peut faire. C’est brillant, et rien que ce tutorial, ainsi que le premier univers, permettent déjà de voir toute une flopée d’idées à implémenter : cumuler des dés, gêner les déplacements, d’autres portées … Ca ouvre énormément de possibilités, et ça marche vraiment bien en solo, seul contre le jeu.

RUNE ne propose pas que cela. Il y a aussi de l’exploration. Avec un tutorial très railroadé, et un premier royaume plus ouvert.

L’adversité y est plus coriace, et les choix d’embranchements plus nombreux. On va y gérer un cycle de Jour/Nuit assez intéressant, nous demandant fréquemment de choisir jusqu’à quel point on reste fouiller un lieu.

Je suis néanmoins un peu déçu de la proposition concernant l’univers. Le jeu tourne bien, propose de choisir des actions qui débloquent du matos, des points de Lore (permettant d’accéder à de nouvelles zones), et reste intéressant à suivre. Maintenant, il n’invite pas à découvrir un univers. Il y manque un petit supplément d’âme, un peu de découverte. Peut-être par des questions ouvertes ? Ou par des textes d’ambiance plus prenant ?

Ce n’est pour l’instant qu’un playtest, et ce côté va peut-être s’étoffer par la suite. En tout cas, l’aspect gameplay est vraiment bien ciselé et mérite le coup d’œil. J’ai ressorti quelques figurines pour y jouer, et j’ai presque envie de me faire un jolie plateau quadrillé pour découvrir la proposition finale … ou m’en inspirer ?

RUNE (Playtest edition) est disponible sur itch.io et sera bientôt en financement participatif.

Donjon & Cie, de Benoît Felten

Cela faisait quelques temps que je l’attendais, ce Donjon & Cie ! Après en avoir beaucoup entendu parlé sur CasusNo, puis après l’avoir testé avec son auteur Benoît Felten dans le cadre des Utopiales, j’avais participé à la campagne de financement du jeu.

Et donc, il y a quelques semaines, j’ai reçu l’ouvrage (et quelques extras). D’excellente qualité (on voit l’apport d’un éditeur/fabricant, quand même), l’ouvrage contient toutes les règles nécessaires pour faire de l’exploration de donjon … à l’envers. Parce qu’ici, on joue des hôtes. Des hôtes d’accueil, même, dans un univers où le Donjon est une gigantesque entreprise vivant des trésors récoltés sur les (trop) téméraires aventuriers explorant ses souterrains.

Un jeu sur le donjon, sur l’entreprise, avec un côté parodique tout en restant sérieux dans la fiction.

Au niveau du système, on s’éloigne de mes marottes habituelles avec de l’OSR basé sur Macchiato Monsters. Cela signifie une création « libre » (pas de classe, pas de race, pas d’archétype) à coup de « tag ». Je peux jouer un #troll #malicieux ou une #gnome #colérique, voire un #rôdeur #consciencieux. Liberté, je chéris ton nom !

Le système fait ensuite la part belle à l’ingéniosité des joueurs (OSR-Style), et repose principalement sur deux mécaniques. Le dé d’usage, tout d’abord. Un dé qui va s’épuiser au fur et à mesure de son utilisation. Pour les ressources, l’équipement et pour servir de compteur en tout genre. Très malin. Un bon remplacement aux habituelles horloges. Et puis un lancer de d20 sous une caractéristique pour réussir un jet, avec un classique Avantage/Désavantage à deux dés.

Mais le système du jeu s’évacue très vite, parce que c’est la proposition et l’environnement qui l’emportent ici.

Ce monde de l’entreprise transposé dans le donjon-verse est plus qu’esquissé et regorge de PNJ et de conseils à injecter dans nos parties. La hiérarchie au-dessus des joueurs, à créer lors de la partie voire à la volée, est intéressante et permet de s’affranchir d’une trop grosse présentation capable de perdre le plus attentif des joueurs. J’aime beaucoup la délégation de création aux joueurs, et Donjon & Cie sait bien le faire.

Il manque peut-être un peu de mécanisation de la partie hors-donjon, pour ludifier les séquences avec les autres employés, supérieurs ou non. Mais c’est un choix conscient d’auteur, et ce sera à tester pour voir comment cela se comporte.

Le jeu propose quelques scénarios assez variés dans leurs propositions, qui permettent de voir l’étendue des possibilités (et il y en a encore plus dans les suppléments). C’est comme si on voyait les coulisses de nos précédentes parties de Donjon & Co. Avec des joueurs connaissant les tropes, cela devrait être un régal.

Le jeu, malgré une mécanisation qui sort un peu des mes habitudes, m’a tapé dans l’œil et dans celui de mes joueurs, et a de grandes chances de finir sur ma table dans quelques mois. Et j’en reparlerai alors dans ces colonnes !

Donjon & Cie est publié par John Doe & Black Book Editions, et normalement disponible dans toutes les bonnes crèmeries.

What Lies Beneath the Darkness, par Cezar Capacle

Après avoir découvert Push, j’ai décidé d’explorer un peu plus ce système en regardant des jeux qui s’étaient construit sur ce système. Ce What lies beneath the Darkness m’a attiré par sa proposition (du Urban Shadows à la mode gaslamp) et parce qu’il venait de l’auteur du système lui-même.

On sort ici du format en une page recto-verso présenté pour les jeux Push-powered, et que l’on retrouve majoritairement. Ici, c’est un petit livret (40 pages bien aérées, illustrées) qui reprend en partie la structure et du texte du SRD. La boucle de jeu est mieux expliquée, tout comme la création des personnages ainsi que celles des scènes.

L’univers est décrit un peu plus également, même s’il reste très émergent est lié aux informations contenues dans la Matrice et dans les tables pour créer les personnages. Cela permet de voir comment proposer un univers original en peu de mots, et c’est une excellente leçon de design. Le jeu propose aussi quelques explications sur deux modes de jeu : solo et multi-joueur. Avec des personnages qui n’agissent pas en groupe, ce second mode est un peu particulier, et reste très peu abordé.

Ce que j’ai beaucoup apprécié, ce sont les petits ajouts et précisions. What lies … propose un système de Corruption, qui n’est pas sans rappeler celui de Urban Shadows. La corruption entraîne de plus en plus de corruption et de facilité de sombrer. Jusqu’à perdre le contrôle. Cette mécanique s’articule vraiment bien autour du système, et permet d’illustrer comment on peut marier le Push avec d’autres idées de gameplay. Ce que je vais tenter de faire avec les Orphelins.

La partie sur les Agendas est également intéressante. Elle modifie légèrement la base pour apporter une touche « faction » au jeu, de manière élégante. Surtout, elle se marie là-aussi avec brio avec le système de Corruption.

Avec son univers émergent, sa matrice remplie à ras-bord de prompts sombres et intrigants, What lies beneath the Darkness est une réussite. Qui plus est, l’ouvrage est vraiment agréable à lire, par sa mise en page sobre et aérée et l’ambiance folle et corruptrice des illustrations générées par une IA. Un petit solo va peut-être s’imposer ?

What lies beneath the Darkness est disponible sur itch.io

FIST par CLAYMORE

J’ai tenté le coup de FIST pour sa référence à Metal Gear Solid. Je ne savais pas du tout vers quoi je me dirigeais, et j’ai eu une belle surprise. FIST est un jeu d’équipes d’assaut para-militaires secrètes, dotées de pouvoirs étranges, qui vont se retrouver dans des missions dangereuses et mortelles.

Le système de jeu est presque anecdotique : du PBTA avec 4 caractéristiques, sans move particulier (on garde juste le 2D6+Carac et l’échelle de réussite). Des PV, de l’armure et basta. C’est minimaliste, mais le jeu propose 5 pages de conseils pour mener et faire tourner le jeu (quand les règles tiennent sur une). Des conseils pertinents et parfaitement dans le ton des inspirations dont se revendique le jeu.

Surtout, FIST propose 100 traits à appliquer à notre personnage, à tirer au hasard ou à choisir. Des traits minimalistes à combiner pour former notre identité. Des pouvoirs qui peuvent aller de l’expérience (Artiste, Hacker) à l’équipement (Bouclier, Sniper) jusqu’au surnaturel (Centipède, Mort-Vivant). De quoi avoir un casting sacrément bigarré ! Et puis il y a les rôles. 9 rôles qui déterminent le rôle dans l’équipe, mais aussi et surtout ce qui nous permettra de progresser, avec un objectif personnel.

D’excellentes petites idées à piocher dans ce FIST, donc. Un gameplay light surcompensé par du matériel de jeu malin et intelligent.

FIST est disponible sur itch.io

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