Le Repaire de Gulix

J'ai lu, j'ai vu, j'ai entendu, j'ai joué n°85

Hé, ça commence à faire un peu de temps depuis la dernière pastille, non ? Et oui, un peu de manque de temps pour les faire, d'autres occupations chronophages, un choix de passer moins de temps devant un écran, et pleins d'autres facteurs.

Ca va être un peu brouillon, peut-être rushé, mais l'objectif est toujours le même : mettre en avant des choses qui me plaisent, qui pourraient attirer l'œil de vous, les curieux.

Livres sans images

Petit rappel, j'ai décidé de tenter l'aventure Babelio depuis quelques semaines. À la fois pour suivre ma pile à lire, pour recenser mes envies de lecture, mais aussi pour recenser ce que je lis. Vous pouvez trouver mon profil sur le site pour me suivre.

Couverture de Bleus Blancs Rouges de Benjamin Dierstein

Bleucs Blancs Rouges, de Benjamin Dierstein, c'est ma grosse lecture coup de coeur de ce début d'année. Un gros pavé qui n'est que le premier tome d'une trilogie, qui nous plonge en 1978-1979, en France. Mesrine, Giscard d'Estaing, Action Directe, Carlos, on est plongé dans l'Histoire avec un grand H. Mais en suivant les trajectoires de personnages fictifs plongés dans tout ça. Une jeune inspectrice idéaliste, un jeune inspecteur zélé et aux connections familiales troubles, un flic désabusé et un ancien mercenaire qui veut mettre la main sur certaines activités nocturnes parisiennes.

C'est un polar dur, speed, extrêmement documenté mais qui arrive à garder en tête qu'il raconte une histoire. On n'est pas noyé sous les détails. C'est parfois sordide. Parfois terrifiant. Éclairant. Désespérant quand on regarde le monde actuel. L'image donnée de la France n'est pas belle, mais elle est sincère.

Je m'étais décidé sur ce roman pour m'imprégner un peu de l'époque, dans le cadre d'un jeu que j'écris actuellement. Résultat : j'ai été happé et j'attends que la suite soit disponible à la médiathèque.

Les Diables - Joe Abercrombie

Dans un registre très différent, j'ai également lu Les Diables de Joe Abercrombie. J'avais beaucoup la dernière trilogie de l'auteur (L'Âge de la Folie). Mais ici, même si la lecture n'est pas déplaisante, j'ai senti un roman moins enlevé, plus "programmé". Les événements se répètent, les personnages bénéficient d'un bouclier narratif invulnérable, et si l'univers évoqué intrigue, il manque peut-être de véritables enjeux.

Des livres avec des images

Et on va commencer par un livre avec des images très explicites : Spectateurs, de Brian K. Vaughan et Niko Henrichon. Une histoire de fantômes (ces Spectateurs), qui n'ont aucun moyen d'interagir avec le reste du monde humain, mais peuvent les observer à leur guise. Et ne se privent pas.

Dans une ambiance de fin du monde, alors que la violence éclate de partout, un duo de spectateurs va déambuler dans New York à la recherche d'un threesome authentique à observer. C'est érotique, c'est pornographique, c'est parfois violent, c'est aussi un beau voyage sur la question de l'humanité, de ce qu'elle représente et recherche, ainsi que sur la mémoire. Ca parle de plaisir, de désirs, de passion.

Lecteurs, nous ne sommes que spectateurs, comme ces esprits, qui n'ont aucune emprise sur ce qui se passe. Pas de grosse révélations, de scénarios insoutenables : ce n'est pas l'objet ici.

Au niveau du dessin : c'est magnifique. Tout en crayonné gris pour le monde des humains, les esprits spectateurs sont eux en couleurs, et ressortent de ces planches. Les corps sont exposés, crus, érotisés. "Pour Public Averti" est apposé sur l'ouvrage : ce n'est pas un avertissement gratuit.

Phantom Road

Sinon, en découverte, j'ai dévoré les deux premiers volumes de Phantom Road, de Jeff Lemire et Gabriel H. Walta. Une histoire de réalité parallèle, de road trip, de destinée. Là aussi, j'ai jeté mon dévolu sur ce comics pour m'inspirer pour un jeu que j'écris (et dont je parlerai bientôt, promis). Résultat : j'ai été embarqué dans cette histoire étrange, pleine de mystère, autour d'une route sans fin dans une dimensions parallèle, de diners servant de portails entre les dimensions et d'être errants étranges.

Les tueurs de Exquisite Corpses

Et puis, j'en parlerai sans doute plus tard, j'ai attaqué la nouvelle série diffusée mensuellement par Urban Comics : Exquisite Corpses. Une petite ville américaine, des sociétés secrètes, un battle royal de tueurs déjantés. Ca m'enchante bien plus que The One Hand & The Six Fingers de l'année dernière.

Longs-métrages

J'ai décidé de me mettre à Letterboxd pour suivre mes achats de DVD, mes découvertes à mettre en Watchlist et puis aussi pour noter tout ce que je regarde comme films. Envie de suivre tout ça ? Suivez le lien pour découvrir mon profil.

J'ai déjà vu 23 films cette année. Je ne vais pas parler de tous. Mais tous sont sur mon profil, avec une note plus ou moins courte sur chacun d'entre eux. Allez, voici une petite sélection.

On va commencer par trois pépites qui montrent qu'il est toujours intéressant de se lancer dans des films venant d'autres contrées.

Affiches

Un Simple Accident est un film qui parle de l'Iran, de corruption, de vengeance. Mais qui sait surtout être un vrai bon film de cinéma, pas juste un passage de message. Quand on croit reconnaître notre ancien tortionnaire, mais qu'on en est pas sûr, que fait-on ? Est-on prêt à assouvir notre vengeance ? A rester humain ? Le film est magnifique, avec une réalisation soignée, qui sait user de plans fixes dans des scènes avec une grande tension. Et puis, il sait rebondir, proposer des twists, des personnages loin d'être caricaturaux : humains. Merci à mon cinéma local, Le Cep de Vallet, d'avoir proposé ce rattrapage en début d'année.

L'Agent Secret est une plongée dans le Brésil de la fin des années 1970. Un homme est recherché. Il se cache au sein d'une communauté où chacun essaie de soustraire aux autorités. Le film n'est pas un film d'espionnage. C'est un magnifique film sur une période troublée, sur l'autorité, la puissance destructrice du capitalisme, sur l'entraide. Un dépaysement garanti. Vampire Humaniste Cherche Suicidaire Consentant, que j'ai découvert grâce à Jumpscare, est un film québécois qui explore le mythe du vampire d'une manière moderne, nouvelle, touchante. C'est drôle, humain (encore !) et touchant.

28 ans plus tard

28 ans plus tard avait été une belle claque l'année dernière. Sa suite, Le Temple des Morts, frappe encore plus fort à mes yeux. Deux histoires, très différentes, qui vont entrer en collision lors d'une scène d'anthologie, et plus vraiment déjà une histoire de zombies ou d'infectés, mais une histoire d'humains dans des situations désespérées, et de ce qu'ils arrivent à en faire. Je ne vois pas comment le dernier volet pourrait être aussi fort que celui-ci.

Send Help

Send Help, c'est la petite gourmandise que je n'attendais pas. Un film qui ne marquera pas l'histoire du cinéma, ni celui du cinéma d'horreur, mais qui fait sacrément bien le job ! Du gore qui attaque par surprise (et qui surprend la salle), des fluides de partout, de l'humour, un duo d'acteurs vraiment bien castés, et puis en plus y a Bruce Campbell (because Sam Raimi) et Jeff Probst dedans !

Iron Lung

Iron Lung, je ne l'attendais pas non plus. Sortie limitée sur deux jours, aucune idée de ce qu'il racontait ni du type de film, j'ai tenté presqu'à l'aveugle. Bien m'en a fait : un huis-clos stressant, apocalyptique, qui joue avec les codes du jeu vidéo parfois (et visiblement c'est tiré d'un jeu vidéo). Du gore, bien sanglant. Et puis cette idée d'une humanité perdue dans l'espace, sans étoiles, sans futur, si ce n'est cet océan de sang. Excellent !

On va finir cette liste avec deux autres belles surprises. La première, grâce à Jumpscare (encore eux !), et ce Malignant de James Wan. Un film qui rebondit constamment, changeant de ton, de style, avec des moments assez fous (la prison, le commissariat), magnifiques (la mort de l'hôtel et la lumière rouge). Une très bonne surprise. Et puis, suite à un gif animé, je m'étais renseigné sur Dead Heat/Flic ou Zombie. Choppé en DVD, j'ai tenté le coup : bien m'en a fait ! Un buddy-movie rempli de punch-lines, avec des méchants très méchants et très cons, une scène dans un meat-shop horrible, des maquillages super réussi, et de l'action qui fonctionne.