La Dernière Tentation de Judas
Rome, de nos jours. Immortel et séparé de Jésus depuis quelque deux mille ans, Judas trouve enfin une raison de sortir de sa léthargie : réaliser une ancienne prophétie. Après la découverte d’un évangile apocryphe écrit par Satan lui-même, il part à la recherche des trente deniers payés par les Romains pour la dénonciation de son amant, fort de la promesse que cela lui permettra de le retrouver dans l’au-delà. Alors, le monde saura qu’il n’était pas le traître dépeint par tous.
Accompagné d’une partie des apôtres, combattu par les autres, aidé par Marie de Magdala et Lazare, sa quête aux accents de thriller religieux le bringuebale des sphères huppées de Wall Street aux basfonds de Londres, du tombeau maltais de Jean de Valette au Vatican à la botte d’un Pierre, qui n’a de saint que le nom.
Philippe Battaglia peint, dans un esprit résolument punk, une galerie de personnages et d’histoires au coeur de notre imaginaire collectif. Drôle et érudite à la manière de Terry Pratchett, cette apocalypse survitaminée bouscule notre vision des apôtres.
Après tout, la Bible, c’est de la pop-culture.

J'ai découvert ce roman lors des dernières Utopiales, où Philippe Battaglia a remporté le Prix Utopiales 2025. La couverture a attiré mon regard, cette fresque réimaginée, résolument punk. Et puis, après avoir découvert le pitch, j'étais intrigué.
Tout commence à Rome. Un peu à la manière d'un Da Vinci Code (et de tous ses cousins), on découvre une conspiration millénaire et l'existence d'un artefact venu de l'époque de Jésus Christ : un nouvel Evangile gravé sur un disque d'argile. Et puis, on rencontre Mr. J. Aka Judas l'Iscariote. Le Traître. L'Amoureux. Immortel qui traîne son spleen dans les bas-fonds de la capitale italienne.
Le livre nous raconte le destin des douze apôtres (et un peu plus), ce qu'ils sont devenus après le départ de Jésus Christ. Il nous raconte aussi cette quête d'un Judas éperdumment amoureux de Jésus Christ, cherchant à mourir pour rejoindre son aimé. Et comment les autres apôtres seront amenés à le rejoindre ou le confronter.
Séparé en trois grandes parties, le roman m'a clairement emporté sur les deux premières parties, très pulp et aventureuses. On découvre les pouvoirs de chacun, les destinées de chacun, et la revisite de la vie de J.C. est savoureuse (et crédible). C'est foisonnant d'idées, d'humanité, de personnages forts et intéressants.
J'ai été moins conquis par la troisième partie et la conclusion de l'histoire. Qui tranche radicalement avec les événements des deux premières parties. C'est l'Apocalypse. C'est radical. J'ai été pris par surprise, et j'ai sans doute été déçu de ne pas poursuivre sur la veine des deux premières parties (le côté aventure disparaît).
C'est malgré tout une très bonne expérience de lecture, qui montre en effet que l'Ancien comme le Nouveau testament, c'est de la pop-culture. Ce n'est pas irrévérencieux. Ca ne se moque pas. Ca explore une variation. Et c'était un beau voyage.