Le Repaire de Gulix

Backrooms, se perdre dans l'écran

Les Backrooms. Ce phénomène internet, d'horreur liminale étrange, vertigineuse, d'un monde infini de pièces vides qui nous attend juste de l'autre côté d'un mur. Un phénomène que j'avais exploré via une partie de Après l'accident.

Là où tout a commencé

Un phénomène de plus dans également dans l'horreur au cinéma ces derniers mois. Kane Parsons fait ses débuts au cinéma et explose les compteurs (comme pour Obsession). Kane Parsons est issu d'internet, de youtube, où il a déjà exploré les Backrooms. Ce film est en quelque sorte une prolongation de ces vidéos, de la mythologie qu'il a établi autour de ce lieu étrange.

Backrooms

Le film n'introduit pas les Backrooms. Pas d'explications. On les découvre d'abord par un found footage d'une personne qui s'y est introduite, qui s'y perd. Puis on découvre Clark. Un homme perdu, qui vend des meubles par nécessité. Un homme seul. Qui consulte Mary, sa psychiatre. Mais qui n'arrive pas à avancer. Jusqu'au moment où il tombe dans les backrooms, et en devient obsédé. Son désir de les cartographier, de les comprendre, va l'amener à s'y aventurer de plus en plus loin, et de rencontrer des choses horribles. Je ne vais pas déflorer plus l'intrigue.

Le film choisit de présenter les Backrooms comme un lieu d'horreur psychologique, qui se nourrit des peurs et des souvenirs de ceux qui s'y perdent. C'est je trouve une excellente approche, et le personnage de Clark, et son évolution (qui finalement n'en est peut-être pas une), sont fascinantes à suivre. Son interprétation par Chiwetel Ejiofor (The Life of Chuck, Inside Man) est vraiment réussie. On sent sa peine, sa rage, sa fatigue, son émerveillement et sa détresse face à ce que sont les backrooms.

La dernière partie du film, où l'influence des êtres sur ce lieu commence à s'imposer, est vraiment terrifiante et bien trouvée, surprenante aussi. Les ellipses fonctionnent. L'étrangeté, le cadrage des lieux, tout en lignes, montrent une vraie compréhension et réflexion autour du phénomènes. C'est un film qui n'apporte pas de réponses toutes faites. Parce qu'elles ne sont pas nécessaires. A chacun de se forger les siennes.

Les Backrooms auraient pu être abordées de bien des manières. Pour leur première au cinéma, c'est avec un excellent film de genre, déroutant et déstabilisant, qu'il le fait. On n'a sans doute pas fini d'entendre parler ni des Backrooms ni de Kane Parsons.