Le Repaire de Gulix

Spider-man, héros multiforme

Cet été sort un nouveau film Spider-Man : Brand New Day. Le quatrième de la saga "Tom Holland / MCU", ce qui en fera la saga la plus longue au cinéma. Pour s'y préparer, ma fille souhaitait découvrir les films précédents. Et puis je suis tombé dans la toile.

MCU

La saga qu'on appelera MCU regroupe les films dans lesquels Tom Holland (spoiler !) incarne Peter Parker ET Spider-man ! Homecoming, Far From Home, No Way Home, et donc bientôt Brand New Day. Avec au passage des apparitions dans divers films du MCU (Avengers).

Spider-Man Homecoming

Ces films capturent bien l'esprit teenager de Spider-Man. Peter Parker est encore au lycée, avec des problématiques de lycéen. Il essaie de protéger son identité, tant bien que mal, et en dehors du deuxième opus, on reste sur des menaces légères, dans le sens où elles sont à l'échelle de Spider-Man.

Dans Far From Home, la menace est a priori globale, le Shield est impliqué, et c'est quand même improbable qu'aucun autre super-héros intervienne. Sachant que le film est totalement intégré au MCU par ses guests, ça en fait à mes yeux le moins bon de la saga. Le troisième, avec cette histoire de multivers, est finalement bien mieux en revisionnage que lors de la sortie en salle.

L'histoire est chouette. La révélation de l'identité de Peter Parker est bien menée, et si Docteur Strange est quand même un peu ridicule, l'histoire autour du multivers fonctionne, et la réapparition de figures du passé a fonctionné. L'émotion est au rendez-vous, et le final très touchant (et important pour Brand New Day).

Pour ce qui est de Homecoming, c'est une excellente introduction au personnage, avec un vilain bien réussi. Et la révélation sacrément chouette quand on découvre son identité véritable (bon, ça marche moins bien la seconde fois). Est-ce que c'est le meilleur Spider-Man ? Pas loin...

La Trilogie Sam Raimi

Et donc, au milieu de ce revisionnage de la saga MCU, j'ai choisi d'intercaler la trilogie de Sam Raimi (bon, juste les deux premiers au final, par manque de temps). Pour qu'Alicia puisse comprendre aussi mieux les retours de No Way Home.

Sam Raimi

Le premier est toujours aussi bon en origin story autour du personnage. La découverte des pouvoirs, l'ivresse qui va avec, Oncle Ben... Et puis cet adversaire, intime, le Bouffon Vert, incarné par un excellent et terrifiant Willem Dafoe.

Le second est juste, à mes yeux, le meilleur film de super-héros. Point. La dramaturgie, l'humour, le changement, la gestion de l'identité secrète, l'adversaire, le lore général avec Harry qui reprend l'héritage de son père... La scène du train, inégalée. Dans la mise en scène, dans l'impact émotionnel ("C'est juste un gamin !").

Plus de 20 ans après, ces films restent au top.

Entrons dans le Multiverse !

Et puis, découverte pour ma part, il y a le Spiderverse.

Beyond the Spider-verse

Revoir les Spider-Man, ça permet aussi de découvrir ces deux longs-métrages animés, qui ne mettent pas au coeur de l'intrigue Peter Parker (même si on les retrouve), mais plutôt Miles Morales. Un personnage aux origines différentes (Afro-américaines et porto-ricaines). Un personnage à l'histoire différente, aux pouvoirs différents. Et surtout un medium qui permet de raconter une histoire différente.

Le format animé permet de proposer des scènes d'action folles, de jouer avec l'échelle (Le Caïd est vraiment énorme), de proposer des styles visuels différents quand les dimensions se rencontrent. Parce qu'ici, c'est Spider-Man le mythe qui va être raconté, quand différents Spider-Man, aux histoires toutes différentes mais similaires (la perte d'un être cher, au coeur de l'histoire), vont se rencontrer. Pour essayer de faire en sorte que les mondes ne s'écrasent pas.

Le premier est une dinguerie. C'est fluide, rythmé, entraînant, ça donne une autre ampleur au personnage en mettant quelqu'un d'autre sous le masque. Le deuxième met la barre encore plus haut. Plus de personnages, plus d'enjeux. On s'éloigne du personnage qui protège son quartier, mais Spider-Man reste accroché à ses racines, par sa famille, ses amis.

Plus de films de super-héros devraient prendre la voie de l'animation, qui permet vraiment de rendre certaines scènes épiques.

Tournons les pages

Spider-Man, ce n'est pas qu'à l'écran. C'est avant tout un personnage qui est apparu sur papier. Un personnage de comic book.

Lorsque les premiers films de Sam Raimi étaient sortis au cinéma, Marvel avait lancé l'univers Ultimate. Un univers repartant de zéro, où l'on retrouverait les personnages des univers Marvel, remodernisés, sans continuité, dans un espace plus abordable pour les nouveaux lecteurs. Bon, à force de crossover, de menaces dimensionnelles et autres, l'univers Ultimate a fini par fusionner ou que sais-je de l'univers standard.

Ultimate Spiderman

Mais avant les grands bouleversements, plusieurs séries ont pu vivre dans leur bulle. Et notamment cet Ultimate Spider-Man, disponible en format poche chez Panini (11 tomes).

Et j'ai commencé à mettre le nez dedans. J'avais suivi les débuts à l'époque, mais je m'étais surtout intéressé aux Ultimates (les Avengers du coin) et aux X-Men.

Ce Spider-Man est certes daté sur certains points. La technologie, bien sûr. Le dessin, parfois, qui sait trouver de la variété dans les physiques masculins mais sexualise bien trop souvent les personnages féminins. Mais c'est un vrai feuilleton passionnant.

Parce qu'il connaît son sujet, qu'il l'a parfaitement digéré pour en faire un nouveau point d'entrée, et nous présenter toute une galerie de héros, de vilains, de personnages neutres. Les enjeux sont parfois triviaux, mais certains moments touchent fort. Certaines morts (il y en a) ne sont pas sans impact. Sur les personnages. Sur le lecteur que je suis.

Et puis c'est varié. Certains arcs sont très personnels, tournent autour de Peter Parker et de son entourage. D'autres tournent autour de Spider-Man, de sa place dans la ville. D'autres sont plus légers. Cette variété d'histoire, qui se fait constamment des rappels, est un régal à lire.

J'apprécie beaucoup le comics en format mini-série. Ou one-shot. Mais le feuilleton, et la continuité, quand c'est aussi bien géré, c'est un vrai plaisir.

L'édition est plutôt réussie au passage, chaque volume contenant différents arcs, avec quelques numéros issus d'events ou de tie-ins. L'édition est complète en 11 volumes, j'en suis au volume 8, et j'espère bien découvrir les débuts de Miles Morales dans la suite (parce qu'il vient aussi de l'univers Ultimate).

S'inspirer de Spider-Man

Et donc, me replonger là-dedans, ça m'a redonné goût à cette mode du feuilleton super-héroïque. Spider-Man en est un des fleurons. Invincible en est un autre (et maintenant, j'ai envie de m'y replonger...).

Et puis, j'ai eu envie de vivre de nouvelles aventures. Devinez quoi ? Mon cerveau a commencé à divaguer, et j'ai commencé à reprendre un brouillon de projet (sur un thème tout autre), et à voir ce que je pourrais en tirer.

Il y a de grandes chances qu'un projet nommé, pour l'instant, "Le Super-Héros sympa du Quartier" débarque d'ici quelques mois. Que j'en propose des parties. Un jeu au format particulier, pour justement faire hommage au format de la source. Qui sortira sans doute via un canal particulier. Stay Tuned !