Nous rêvions juste de liberté, par Henri Loevenbruck
J'avais entendu parler de ce roman il y a plusieurs mois déjà, de son côté vibrant, coup de poing par moments. Je m'étais trompé de titre en récupérant un autre roman de l'auteur à la médiathèque (J'irai tuer pour vous). Que j'avais apprécié. Donc, quand est apparue la possibilité de découvrir cette autre proposition, je me suis lancé sans rien savoir.

Attention, je vais sans doute spoiler l'intrigue générale. Comment le texte se développe, notamment sur sa seconde partie. Mais je garde les grosses surprises au chaud, promis.
Nous rêvions juste de liberté, c'est l'histoire de Bohem, un jeune garçon de Providence, une ville paumée et déprimante au milieu de quelque part. Bohem va rencontrer Freddy et sa bande, le Chinois et Alex. Et ensembles, ils vont faire les 400 coups. Vivre la fin de leur adolescence. Se confronter à la violence de leur environnement.
Et puis, ils partiront. A moto. Une de leurs passions. Pour un road trip qui les amènera à découvrir le monde des MC, les Motorcycle Club. Ils vivront sur l'asphalte, hors système, avec les joies, les peines, les dangers que cela apporte. Le monde ne les accepte pas forcément, et le rejet sera parfois violent. Et puis, chacun d'eux a ses propres démons, qu'ils arriveront parfois à exorciser, mais pas toujours.
L'histoire est racontée par Bohem. Des mots parfois maladroits, mais qui racontent ce voyage dans une contrée qui n'est pas vraiment les USA, qui a parfois des touches françaises, qui mélange les influences. On reconnaît des endroits, des inspirations. Le temps est également incertain. Une certaine idées des 70s, à mon avis.
Ce groupe d'amis, il va vivre. Il va entrer dans l'âge adulte. Se confronter à une vision du monde qui n'est pas la leur. Se confronter parfois à la dure réalité de la vie dans un système qui ne les accepte pas. C'est dur, mais il y a cette fraternité qui redonne de l'espoir.
On se laisse border par le ronron des cylindrées. On se prend d'envie de parcourir ces kilomètres avec eux. On tremble pour eux. On rit et pleure avec eux.
Et puis... il y a cette conclusion. Le chapitre 17. "Ils sont arrivés pendant mon sommeil.". Un passage brutal. Qui entraîne Bohem et le lecteur au fond. Avant de remonter avec une belle lumière. Jusqu'à l'épilogue. Qui m'a fait pleurer. Ces deux derniers paragraphes, je ne les avais pas vu venir. Ils m'ont pris aux tripes.
Merci. Je lis pour avoir des émotions. J'en ai eu.