Le Repaire de Gulix

La Trilogie de l'horreur - La Tour de Rôles

La Trilogie de l'Horreur, ce n'est pas une soirée télévisée avec un trio de séries flippantes. Ca aurait pu. A la place de ça, c'est un recueil de trois jeux de rôle solo du même auteur, Chant Evans, proposés en français par Les Fondations de l'Imaginaire. Trois JDR bien entendus tournés vers l'horreur.

Disclaimer : Je suis édité par Les Fondations de l'Imaginaire (pour apres-laccident), et j'ai d'excellents rapports avec Jérôme Mioso. Ce billet est malgré tout indépendant, j'ai acheté ce recueil moi-même, et c'est parce que j'ai aimé y jouer que j'en parle.

La Trilogie de l

Cette trilogie présente trois jeux qui se basent sur un moteur similaire, qui a fait ses preuves : Wretched & Alone. Des jeux de journaling, donc, où une tour de Jenga symbolisera notre perte à venir (quand elle s'effondrera), et dans lesquels on utilisera un paquet de cartes classique pour tirer des prompts, qui alimenteront notre histoire. Certains tirages nécessiteront de jouer avec la tour de Jenga, d'autres nous amèneront vers une issue positive (rare), et d'autres vers une des issues terribles.

Dnas L'Ombre du Prédateur, on va jouer une nuit. Une seule. Un tueur de slasher a débarqué dans notre vie, a tué la majeure partie de nos connaissances, et est à nos trousses. On va donc essayer de survivre à la nuit, de trouver des secours, ou tout simplement de se confronter au tueur et de s'en débarasser. Le cadre est classique, les prompts simples et bien pensés. Le personnage qu'on incarne ne va pas déambuler pendant cette nuit. Juste se terrer dans la cachette qu'il a trouvé. En attendant une aube meilleure.

Dans Cette Maudite Maison, c'est un autre trope qu'on va explorer. Celui de la vieille maison qu'on hérite/récupère, avec ses fantômes plus réels qu'on ne l'imagine. Plus introspectif, ce jeu va nous demander de réfléchir à qui est ce personnage, pourquoi la maison est peut-être le reflet de sa personnalité, qui sont ces esprits, et en deviendra-t-il un lui-même. Les issues favorables sont peut être plus nombreuses, plus faciles à atteindre, mais l'ambiance du jeu se veut plus mélancolique.

Le Reflet du Mal

Enfin (bon, il est au milieu, mais je l'ai gardé pour la fin), il y a Le Reflet du Mal. Ce jeu s'inspire de fictions autour d'un Serial Killer et d'un inspecteur obsédé par celui-ci. On va y jouer l'inspecteur. Pensez Silence des Agneaux, Profiler, Criminal Minds, Se7en, Mindhunter...

J'ai joué au Reflet du Mal. J'y ai repris le personnage que j'avais créé pour The Unmurders of Balsam Lake. Et je l'ai mis face à un tueur énigmatique. En faisant parfois revenir des personnages du premier jeu.

L'ambiance est extrêmement bien rendue par les prompts. On va explorer le Tueur et ses actions, bien sûr. Notre métier d'enquêteur, avec les procédures à suivre, les autres enquêteurs. Les Distractions personnelles, et comment on gère cette obsession face à nos proches. Et justement, l'Obsession. Le côté malin des Obsessions, c'est que chaque carte Coeur sera ensuite remise dans le paquet, pouvant revenir à l'infini. C'est léger comme mécanique, mais ça marche super bien !

Le jeu ne propose pas vraiment de final réjouissant. On peut y mourir, sombrer dans la folie, résoudre l'enquête mais ne plus trouver de goût à la vie... Ce n'est pas gai, mais c'est aussi le genre qui veut ça.

Le genre...

Ces trois jeux explorent l'horreur, le solitaire, en explorant des genres différents. Et ça marche bien à chaque fois parce que le genre a été compris, la mécanique adaptée, les prompts bien pensés (ils ne sont pas trop verbeux). Je ne respecte toujours pas la règle des Wretched & Alone qui consiste à mixer plusieurs prompts pour en faire une synthèse : je joue chaque prompt l'un après l'autre. Peut-être que pour L'Ombre du Prédateur je changerais d'approche.

En tout cas, si vous voulez vous plonger dans l'horreur en solitaire, que vous appréciez les jeux de type journaling, je ne peux que vous conseiller cette trilogie vraiment bien faite !